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Idées et débats

les idées, les débats, les polémiques qui animent le milieu des artistes.
Quelle sera la politique du Ministère, comment améliorer, faciliter l'exercice de nos professions ?


Défiscalisation de l'achat des oeuvres d'art par les particuliers

Ou, si l'on préfère, aménagement d'une sorte de mécenat privé.

► Quand la culture n'est plus qu'un produit, la pilule ne passe pas, par Alain Valtat
► SMDA et la défiscalisation par Lydie Van den Bussche
 
 
 

QUAND LA CULTURE N’EST PLUS QU’UN PRODUIT,
CHEZ LES ARTISTES, LA PILULE NE PASSE PAS.


Par Par Alain Valtat,
Secrétaire Général du SMDA


► 
En matière de vente, la défiscalisation, projet initié par la « Maison des artistes » et soutenu par le syndicat « SMDA Solidarité Maison Des Artistes », n’a pas été retenu !
C’est une grave erreur, fiscalement l’Etat ne serait en rien perdant, et pour les artistes vivants, un moyen efficace de relancer les ventes, et donc de permettre à bien des artistes de vivre d’une manière décente…
Le marché de l’art subit une chute lente mais régulière. Notre pays se fait souffler la troisième place dans ce domaine par la Chine. Londres et New-York, mais aussi Genève, profitent de leur statut fiscal pour tailler des croupières à l’une des plus anciennes capitales de la création artistique du monde : Paris.
L’art joue un rôle économique, essentiel dans le monde et le potentiel dont dispose la France en la matière est immense. Malgré cela, au fil des décennies, par impéritie et aveuglement politico-philosophique, les acteurs de la culture française ont été maintenus dans un état de paupérisation profonde face aux offensives de conduites politiques plus pragmatiques.
Il n’a pas été retenu la seule mesure qui pouvait donner de l’air aux artistes afin de ne pas être des assistés, celle préconisée par le rapport de Martin Bethenod qui proposait les mesures de défiscalisation suggérées et demandées par les artistes et les galeristes (déduction du revenu imposable, pour les particuliers, d’une partie des achats d’œuvres d’artistes vivants et tra-vaillant en France). Cette proposition a été écartée. Lui a été préférée une mesure copiée sur l'idée de Own Art , lancée en 2004 au Royaume-Uni.

Redresser le marché de l’art français ?

Face à l’hégémonie anglo-saxonne, acheteurs, « Votre banquier peut vous encourager à sou-tenir les jeunes artistes » en privilégiant délibérément l’art-marchandise contre l’art-création au nom d’une prétendue « attente du public ». La principale mesure préconisée étant la mise en place d'un système de prêt à taux zéro pour les acheteurs d'œuvres d'art contemporain… Nous imaginons tous aujourd’hui la réponse de nos banquiers…
Si les artistes pouvaient vivre grâce aux Banquiers, cela se saurait !
Les artistes ne vivent pas non plus grâce au chéquier de grands collectionneurs comme Ber-nard Arnault ou François Pinault, collectionneurs qui animent UN marché, le leur, mais pas le marché des milliers de peintres vivant et travaillant en France!
Pendant des décennies ce fut la curée : subventions, outrances, défaillances, groupies, faux culs, artistes de Cour, artistes attristés, assistés, drapant de louanges les forfaitures commises au nom de la raison d’État. … De telle sorte qu’aujourd’hui, les caisses de cet État étant ce que nous connaissons tous, il ne reste rien pour continuer à engraisser le subversif de luxe et faire fonctionner les réseaux politico-mondains... et bien entendu, encore moins bâtir. Le début d’un effrayant bazar de démolition parfaitement orchestré par nos grandes têtes molles pleines de certitudes. La décadence est rapide et probablement irrésistible.
Cette sinistre plaisanterie ne saurait durer. La défiscalisation est l’une des premières et plus importantes revendications des artistes contemporains vivants, vivant et travaillant en France. Le SMDA entend bien être présent dans ce combat vital.
On n’invente pas des mondes sans ardeur, émotion et imagination.

Alain Valtat

* voir le rapport bethenod ( le rapport Bethenod - pdf )
* sur le principe du « prêt à taux zéro »
 
 

SMDA et LA DÉFISCALISATION


Par Lydie Van den Bussche,


► 
La mise à l’écart du projet de loi en faveur de la défiscalisation pour les particuliers acquéreurs d’œuvres d’artistes vivants est fort regrettable et dommageable pour l’exercice de nos professions et la diffusion de nos créations.

Ce projet de loi initié par la « Maison des Artistes » a été présenté au Sénat le 14 décembre 2006 lors d’un colloque rassemblant artistes, diffuseurs, parlementaires, économistes du marché de l’art, juristes et spécialistes de la fiscalité.

M. Martin Bethenod, ancien délégué aux arts plastiques et actuel co-directeur de la FIAC re-tient ce projet (parmi d’autres) dans son rapport remis à Mme Albanel, notre Ministre de la Culture, début 2008.
C’est en avril dernier que nous apprendrons que la défiscalisation ne fait pas partie du « plan de renouveau pour le marché de l’art français » de notre Ministre.
Non seulement, ce projet de loi est écarté mais lui est préféré une mesure copiée sur l’idée de « Own Art » donnant la possibilité aux particuliers de souscrire un emprunt à 0 %.
Mme Albanel déclare alors : « Nous voudrions que les français deviennent plus collection-neurs en mettant en place un système de prêt à taux zéro. La banque paierait directement au-près de la galerie et l’acheteur rembourserait ensuite sur cette base. Qui serait ensuite pris en compte fiscalement de façon à ce que les banques ne perdent rien. Elles peuvent y voir une bonne façon de communiquer. Nous avons préféré ce système à une défiscalisation. »
Une décision prise en dehors de la réalité de notre précarité croissante et en dehors de la réali-té des galeristes qui offrent une forme de prêt à taux zéro à leurs clients depuis des années en acceptant les paiements en plusieurs fois et sans frais.

Face à ce non–sens et sachant que vous, les artistes, étiez à 99% pour ce projet de loi, le SMDA s’est déjà fait entendre auprès de notre Ministre de la Culture : En juin dernier, le journal Libération organisait un Forum sur la Culture à Nanterre, des membres du Syndicat étaient présents et ont exprimé leur mécontentement et leur incompré-hension à Mme Albanel.
Par ailleurs, notre Secrétaire Général a adressé un courrier à notre Ministre de la Culture lui annonçant la création de notre Syndicat et nous solliciterons un rendez-vous auprès de ses services afin de pouvoir nous entretenir avec elle sur ce sujet et lui faire état de nos réalités.
Un rendez-vous avec la DAP * afin de nous entretenir avec Mme Annie Chevrefils-Desbiolles (chef du département des artistes et des professions) et M. Pascal Murgier (représentant des Affaires Sociales) est pris pour le 6 novembre.

Lydie Van den Bussche

* DAP : Délégation aux Arts Plastiques

version imprimable ( pdf)

 
Le DROIT de SUITE concerne tous les artistes
Un combat d'arrière-garde, vraiment ?
Il est attaqué au nom d'une certaine idée du capitalisme mondial. Pouah ! Les artistes, ces va-nu-pieds ?

► Faut-il tuer les artistes pour sauver le marché de l’art ? par la " Peau de l'Ours "
 


LE DROIT DE SUITE

 

Faut-il tuer les artistes pour sauver le marché de l’art ?

Une table ronde organisée par « La Peau de l’Ours » le 1er juillet 2008,
sous la présidence d’honneur de Monsieur Jérôme Coumet, Maire du 13ème, avec Jean-Noël Cuénod, écrivain et journaliste, comme modérateur.

 


► Communications de :

M. Rémy Aron, Président de l’association La Maison des Artistes : les mesures de défiscalisation des achats d’œuvre d’artistes vivants en France, le point de vue des artistes.
Mme Marie Anne Ferry-Fall, directrice juridique de l’ADAGP : les droits d’auteurs menacés ?
Comité Professionnel des Galeries d’Art : ce qu’en pensent les galeristes, lecture d’une communication écrite.
Un représentant de la Culture à la Ville de Paris.

En France, le marché de l’art subit un déclin lent mais régulier, constate Christine Albanel, ministre de la Culture. La preuve ? Notre pays se serait fait souffler la troisième place dans ce domaine par la Chine. Londres et New-York, mais aussi Genève, profitent de leur statut fiscal pour tailler des croupières à l’une des plus anciennes capitales de la création artistique : Paris.
Dès lors, la ministre propose de prendre modèle sur ses concurrents en donnant à la France créatrice un courant d’air libéral. Elle décrit sa stratégie dans son «Plan de renouveau du marché de l’art», librement inspiré par le rapport de Martin Bethenod, commissaire général de la Foire Internationale d’Art Contemporain.
Or, de nombreux artistes vivant en France accusent le plan ministériel d’être le remède qui tue le patient ! Sous couleurs de libéralisme, c’est la création d’aujourd’hui qui risque de ne pas se relever de ses effets pervers.

Alors, ce plan est-il la dernière chance pour sauver le marché de l’art ou le meilleur moyen pour étouffer ces créateurs qui, depuis des siècles, ont défendu la place de la France dans le monde ?

N.B : La revue Artension publiera un compte rendu de la table ronde dans son numéro 43 (septembre octobre 2008)

la Peau de l'Ours

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
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IDÉES & DÉBATS- SMDA. / 11 février 2009